
Le schéma présenté dans le dernier billet nécessite plusieurs éclaircissements. Voici dans un premier temps la clarification de la notion de rituel qui occupe une place prépondérante dans notre vision pédagogique.
De façon générale, les contextes d'apprentissage hors des limites de l'école nous apparaissent beaucoup plus adaptés au développement de la créativité. Parce qu'ils se nourrissent des intérêts de l'enfant, libérés des contraintes de la programmation arbitraire des apprentissages en milieu scolaire, les contextes d'apprentissage libres sont très puissants. Néanmoins, ils peuvent être grandement affaiblis par un trop grand désordre. Pour cette raison, les rituels d'apprentissage nous apparaissent indispensables.
Par rituels d'apprentissage, nous entendons un ensemble de pratiques, de manières de faire habituelles qui servent à organiser aussi bien la gestion des lieux que les comportements supportant l'apprentissage. Gervais Sirois (1997) précise la nécessité d'établir des rituels dans le but de garantir à chacun un territoire qu'il peut personnaliser, y installer ses objets et se sentir chez lui, en sécurité physique et émotive. Les rituels assurent l’organisation nécessaire à la satisfaction du besoin de sécurité et régularisent les comportements. Ils jouent le rôle de structurants. Ils permettent de diminuer l'anxiété associée au chaos tout en laissant libre cours à l'exploration.
Les rituels prennent une importance encore plus grande dans l'apprentissage hors école ou l'enfant est responsable de sa formation. La quête d’autonomie s’accompagne de beaucoup d’anxiété, engendre de l’insécurité et des hésitations. Il devient capital, dans un tel contexte, de prendre le temps qu’il faut avec l'enfant pour expliquer, présenter et élaborer les rituels, de travailler ensemble avec le souci constant de les vivre et les adapter pour en assurer l’efficacité.
Nous avons la conviction profonde que de petites routines adaptées au quotidien de l'enfant permettent un développement sain. Dans le cas de Marc-Antoine, nous avons négocié avec lui le rituel de base suivant.
Marc-Antoine doit oeuvrer 2 heures par jours les journées de la semaine. Il a le choix du moment, du lieu et des objets d'apprentissage. Toutefois, il doit planifier une demi-heure de lecture et d'écriture. Une rencontre familiale de planification en début de semaine fait partie du rituel, on discute en famille des contraintes de chacun et des événements spéciaux. Marc-Antoine peut donc annoncer ses intérêts et ses choix pour la semaine.
La gestion des rituels d'apprentissage dynamise l'ensemble des pratiques d'apprentissage à la maison...
